Des objets, des souvenirs, des choses matérielles… Ce que nous pouvons tenir dans nos mains serait-il identique à ce que nous gardons dans notre coeur ?
Nostalgia – 2018 / Mark Pellington
Il y a quelques jours j’étais ici, jamais ils n’ont été séparés aussi longtemps.Je peux pressentir lorsque quelqu’un souhaite avoir mon attention, lorsque quelqu’un demande de l’aide, elle m’a évoqué, et elle m’attend impatiente, elle s’observe dans son propre monde.Parfois je me montre inopportune, ce fut quelque chose d’imprévu, comme beaucoup il n’a pas pu dire adieu.Quelqu’un est mort et tout le monde s’en fiche Certains voudront toujours un peu plus, un instant de plus, pendant que le temps existe, moi je marcherai à vos côtésLorsque je reviendrai avec le dernier membre de sa famille, qui s’en souviendra. Je ne l’ai jamais inquiété, le jour de mon arrivée il m’a reçu avec la même amabilité que plusieurs de ses proches, il est seulement resté endormi.Je l’ai sans cesse observé, toujours, depuis le premier instant, avant qu’il ne voie la lumière, avant son premier cri.Même les nombreuses confessions que d’innombrables mourants lui firent n’ont pas été suffisantes pour qu’il arrive à accepter de dire sa dernière confession, bien qu’il soit sans péché. Comment ne pas vaciller devant le sentiment le plus élevé de sa vie, son sacrifice.Se rappeler que les personnes ne sont pas les seules à agoniser, les métiers qu’elles exercent aussi.J’existe aussi quand l’amour se fane, pour certains ce n’est pas facile d’oublier, mais, tôt ou tard la douleur disparaît.
Photographie numérique, série de 12 photographies de 28 x 42 cm. chacune, Papier Hahnemühle – Hemp – 290 g.
Reconnaître que plusieurs de nos actions sont déterminées par le sens de notre vie, cela revient à dire qu’elles sont déterminées par notre mort.
Toute oeuvre est vie. Nous décidons d’agir parce que nous souhaitons être vivants, nous souhaitons sentir, et c’est alors que nous vieillissons, que nous prenons de plus en plus conscience que nous allons périr. Nous vivons en tentant d’échapper à la mort pour ne pas tomber dans un état qui serait statique et inconnu. Que cela soit par simple plaisir ou en raison d’une efficacité de production dans le domaine professionnel, nous ne souhaitons pas être inertes.
Les objets, considérés comme éléments passeurs de mémoire, prouvent que nous sommes des êtres dynamiques ; ils manifestent notre existence. C’est au moyen de ces objets qui restent vivants alors que nous cessons d’exister, qui font perdurer notre souvenir pour l’Autre, ceux-là qui, parce qu’ils font appel à la mémoire et à l’imagination, définiront ce que nous avons été pendant notre absence quand nous ne serons plus là.